Mois sans tabac : pourquoi tout se joue en octobre
Par : Doria Marando
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Mois sans tabac : pourquoi tout se joue en octobre
Le Mois sans tabac revient le 1er novembre. Chaque année, des dizaines de milliers de fumeurs s’inscrivent — souvent le 31 octobre au soir, dans un élan sincère, et sans rien avoir préparé. C’est précisément là que beaucoup de tentatives se jouent, avant même d’avoir commencé.
Je m’appelle Doria Marando, je suis hypnothérapeute certifiée à Marseille et praticienne EMDR. Je ne vais pas vous expliquer ici pourquoi il faut arrêter de fumer : vous le savez mieux que moi. Je vais vous dire ce qu’il est utile de faire pendant le mois d’octobre pour que le 1er novembre ne soit pas un coup de dés.
Votre mois d’octobre en quatre temps
Le Mois sans tabac, en deux minutes
C’est une opération nationale de santé publique, organisée chaque année pendant tout le mois de novembre. Le principe tient en une ligne : tenir trente jours sans fumer, collectivement, avec des outils gratuits.
Pourquoi trente jours, et pas quinze ou soixante ? Parce que c’est le seuil retenu à partir des données disponibles : arrêter pendant trente jours multiplie par cinq les chances d’arrêter durablement. Passé ce cap, le manque physique est derrière vous et les automatismes ont commencé à se défaire. L’édition 2024 avait réuni plus de 134 000 participants.
Ce que l’opération met à disposition, gratuitement : un kit d’aide à l’arrêt, disponible en pharmacie et en ligne, l’application Tabac info service, et le 39 89, un numéro où des tabacologues répondent. Rien de tout cela ne coûte un euro, et rien de tout cela ne dépend de moi. Si vous ne deviez retenir qu’un seul de ces trois outils, prenez le 39 89.
L’erreur classique : s’inscrire la veille
Un arrêt du tabac réussi ressemble rarement à une décision prise dans la nuit du 31 octobre. Il ressemble à une décision prise trois semaines plus tôt, puis préparée.
La raison est simple. La cigarette n’est pas seulement une affaire de nicotine : elle s’est installée dans vos gestes, vos horaires, vos façons d’encaisser une contrariété. Le patch s’occupe très bien de la nicotine. Il ne sait rien du café de 10 h, de la pause avec les collègues ou du trajet en voiture. Ces associations-là, si on ne les a pas repérées avant, on les découvre en pleine crise, le 3 novembre — et c’est un mauvais moment pour improviser. J’ai détaillé ce mécanisme, et ce que l’hypnose y fait, sur la page consacrée à l’arrêt du tabac.
Octobre ne sert donc pas à arrêter. Il sert à savoir précisément ce que vous allez devoir remplacer.
Votre mois d’octobre, semaine par semaine
Semaine 1 — observer, sans rien changer
C’est contre-intuitif, et c’est l’étape que tout le monde saute. Pendant sept jours, vous fumez exactement comme d’habitude, mais vous notez : l’heure, le lieu, ce que vous étiez en train de faire, et une note d’envie de 1 à 10. Un carnet, une note sur le téléphone, peu importe.
À la fin de la semaine, deux choses apparaissent presque toujours : trois ou quatre cigarettes vous tiennent vraiment à cœur, et toutes les autres sont des réflexes. Ce sont ces trois ou quatre-là qui décideront de votre mois de novembre.
Semaine 2 — voir un professionnel de santé
C’est le moment de parler des substituts nicotiniques, et il y a une bonne nouvelle que beaucoup de fumeurs ignorent encore : ils sont remboursés à 65 % par l’Assurance Maladie, sur prescription, et le plafond annuel de 150 € a été supprimé. La prescription peut venir de votre médecin, mais aussi d’une sage-femme, d’un infirmier, d’un chirurgien-dentiste ou d’un masseur-kinésithérapeute.
Le dosage compte plus qu’on ne le croit : sous-doser un patch est l’une des causes les plus fréquentes d’échec, et ce réglage-là n’est pas de mon ressort, c’est le leur.
Semaine 3 — préparer les situations à risque
Reprenez votre carnet. Pour chacune des trois ou quatre cigarettes qui comptent, une question : qu’est-ce qui prend sa place ? Pas « rien » — le cerveau n’accepte pas « rien ». Sortir de table plus tôt, changer de trajet, appeler quelqu’un, garder les mains occupées pendant la pause.
C’est aussi la semaine où une séance d’hypnose trouve sa place, j’y reviens plus bas.
Semaine 4 — poser la date et le décor
Vous annoncez le 1er novembre à votre entourage, y compris aux fumeurs autour de vous, en leur demandant quelque chose de précis plutôt qu’un vague soutien. Vous videz la voiture, les poches de manteau, le tiroir de l’entrée. Vous prévoyez ce que vous ferez de la première soirée. Et vous ne repoussez pas parce qu’un imprévu tombe : une date parfaite n’existe pas.
Trois approches, trois terrains différents
Les substituts, l’accompagnement téléphonique et l’hypnose ne se concurrencent pas. Ils ne travaillent simplement pas la même chose, et les combiner est la configuration la plus solide.
| Approche | Ce que ça traite | Coût |
|---|---|---|
| Substituts nicotiniques | La dépendance physique à la nicotine | Remboursés à 65 % sur prescription |
| Tabac info service / 39 89 | Le suivi, les conseils, le moral au long cours | Gratuit |
| Hypnose | Les automatismes et la charge émotionnelle associés à la cigarette | À votre charge — tarifs affichés à la prise de rendez-vous |
Où l’hypnose se place — et ce qu’elle ne fait pas
L’hypnose ne remplace ni votre médecin, ni les substituts, ni le 39 89. Elle intervient sur les deux dépendances que ceux-ci ne traitent pas : l’automatisme, et la fonction que la cigarette a fini par remplir — calmer, faire une pause, marquer la fin d’un repas.
Sur le calendrier, cela donne une indication simple : une première séance autour de la mi-octobre laisse à votre inconscient deux à trois semaines pour intégrer le travail avant le 1er novembre, et laisse le temps de placer une séance de consolidation si elle est utile. Une séance le 30 octobre, c’est possible, mais on se prive de cette marge.
Deux choses que je préfère vous dire avant que vous ne preniez rendez-vous plutôt qu’après. L’hypnose ne décide pas à votre place : si la décision n’est pas prise, la séance ne la prendra pas pour vous. Et personne ne peut honnêtement vous garantir un résultat — ni moi, ni quiconque vous promettrait un arrêt en une seule séance.
À faire, et à éviter, en octobre
- Tenir le carnet pendant sept jours
- Prendre rendez-vous pour les substituts
- Choisir une date, et la dire
- Repérer trois remplacements concrets
- Installer l’application ou appeler le 39 89
- Diminuer « pour s’habituer », sans plan
- Attendre le 31 octobre pour tout organiser
- Ne compter que sur une seule méthode
- Cacher votre tentative à votre entourage
- Choisir une date en pleine semaine difficile
Si vous êtes à Marseille ou autour
Je reçois au cabinet de La Valentine, 114 traverse de la Serviane, dans le 12e arrondissement, avec un parking gratuit. Je me déplace à votre domicile jusqu’à 30 km autour de Marseille — Aubagne et La Penne-sur-Huveaune comprises — et je travaille aussi en visioconférence pour les adultes. Les séances ont lieu du lundi au vendredi, de 10 h à 20 h 30.
Si le 1er novembre est votre date, le bon moment pour caler une séance se situe dans les deux prochaines semaines.
Questions fréquentes sur le Mois sans tabac
Le Mois sans tabac, c’est quand exactement ?
Faut-il arrêter du jour au lendemain le 1er novembre ?
Les substituts nicotiniques sont-ils remboursés ?
Peut-on combiner hypnose et patchs ?
Combien de séances prévoir avant le 1er novembre ?
Le Mois sans tabac ne fait pas le travail à votre place. Il donne une date, un cadre et des outils gratuits — et ça, pour beaucoup de fumeurs, c’est exactement ce qui manquait les fois précédentes. Le reste se joue entre aujourd’hui et le 31 octobre.